Suzanne Ramon – Concert de gala pour le 10e anniversaire de la mort de Georges Cziffra

Organisé le 28 novembre 2004 dans la grande salle de l’Académie de Musique de Budapest, ce concert a voulu rendre hommage à Georges Cziffra avec la participation exceptionnelle de la violoncelliste Suzanne Ramon. L’Orchestre Symphonique de la Radio hongroise dirigé par Philippe de Chalendar a interprété des œuvres de Beethoven et de Schumann.

Née à Budapest, Suzanne Ramon intégrait dès 6 ans le Conservatoire de cette grande capitale de la musique, avant de remporter, à 10 ans, le Prix Béla Bartók. Mais ses 10 ans, c'était en 1956, le bouleversement, la terreur, - et l'exil. Sa famille parvient à émigrer en Israël. A treize ans, elle fait ses débuts au palais des arts de Tel-Aviv. En 1962 elle reçoit une bourse pour venir travailler à Paris avec le grand Maître André Navarra au Conservatoire National Supérieur de Musique. Le légendaire pianiste hongrois Georges Cziffra, impressionné par ses dons « hors du commun », l'accueille, l'héberge, la traite comme sa propre fille. Deux ans plus tard en 1964, au Conservatoire National de Paris, Suzanne Ramon remporte le Premier Prix de Violoncelle à l'unanimité, elle est Lauréate du Concours international de Genève, se voit décerner le grand prix Oreste Ferrari en Italie où elle sera également lauréate de l'Académie Chigiana de Sienne. Pour couronner l'ensemble, l'année suivante elle remporte le Premier Prix de Musique de Chambre au Conservatoire de Paris. Bientôt la Grande-Bretagne, les U.S.A, le Canada, la France, l'Italie, l'Allemagne, la Suède, le Danemark, la Belgique l'acclament...

« Il faut en effet tout à la fois entendre et voir Suzanne Ramon envelopper entre ses bras son instrument, un superbe Guarnerius 1690 au son d'ambre et d'épices, aux couleurs de cognac doré, dont la voix sous l'archet déclame ou chante, rugit ou pleure -une voix humaine qui vient du fond du ventre et de la mémoire. Il faut entendre ces attaques qui plongent dans la chair du son avec quelque chose de vertigineux, voir ce geste de l'attaque aussi, impérieux, comme partageant l'univers de l'écoute, séparant le monde du silence et celui de ce chant hauturier.. » (Alain Duault, Grand Prix de l’Académie Française)